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Industrie nucléaire en France & sous-traitance / Documentaire « La bombe humaine » 2012 /
Télévision France 5 / Auteur-réalisatrice : Elsa Fayner
Doëlan, lundi soir 9 avril 2012
A voir mardi 10 avril à 20h35 sur "France 5" ...
Annonce sur le site TV de "France 5" du documentaire inédit d'Elsa Fayner :
"La bombe humaine" :
Une enquête sur le recours massif à la sous-traitance dans le secteur du nucléaire
En introduction ...
C’est la fin du « week-end de Pâques » : peut-être 3 jours de « pause » dans la vie trépidante de beaucoup d’entre nous quel que soit notre statut …
A propos de « vie trépidante », voir l’intéressant Editorial de Jacques Le Goff dans le journal
Ouest-France d’aujourd’hui : « Toujours plus vite » (cliquer ICI)
qui rejoint, on va le voir, le thème de cet article par le biais de l'extrême "productivité" exigée des
sous-traitants du nucléaire.
Si « pause » il y a, j’ai scrupule à cibler en cette fin de journée un grave thème : celui du fonctionnement du vaste parc nucléaire de notre pays qui peut mettre en péril à la fois nous-mêmes et nos voisins immédiats : Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne, Suisse, Autriche, Italie, Espagne, Grande-Bretagne voire au delà …
Carte des centrales nucléaires en France (cf. Réseau sortir du nucléaire)
http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=pourquoi&page=francenucleaire
carte cliquable de l’Europe
http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/Europe-MAP.htm
Pourtant, mieux vaut regarder la réalité en face !
C’est ce que propose la chaine « France 5 » avec le documentaire inédit de 52 minutes d’Elsa Fayner, présenté ainsi :
« ll y a un an, la catastrophe de Fukushima confrontait les autorités françaises à la question du risque nucléaire. Mais l’audit engagé depuis dans les centrales du pays le plus nucléarisé du monde, par rapport au nombre d'habitants, omet un facteur majeur : l’utilisation massive de la sous-traitance. Ce documentaire met en lumière un phénomène aux conséquences inquiétantes. Le débat sera ouvert par Carole Gaessler, qui accueillera en direct sur son plateau plusieurs invités. »
Pour en savoir plus : Présentation complète - Entretien avec l’auteure-réalisatrice Elsa Fayner - Bio express ... cliquer ICI.
Une version vidéo de "La Bombe humaine" à visionner
dès à présent et jusqu'au 17 avril 2012
Dès à présent et jusqu’au 17 avril 2012, on peut visionner sur le site de « France 5 » une vidéo de 52 minutes …
Accès en cliquant sur
http://documentaires.france5.fr/documentaires/nucleaire-la-bombe-humaine
Commentaire personnel
Un documentaire à voir absolument.
P.S. ajouté mercredi 11-04-2012 à 12h52
Incitation pour qui s'intéresse aux problèmes des énergies de l'avenir :
lire notamment le commentaire n° 3 de Doc Zaïus * en cliquant sur cette rubrique "commentaires" plus bas sous cet article.
* lecteur régulier du "blog ed-environnementdoelan" qui anime lui-même Le blog de doc zaius
Evelyne Dumont
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La sous-traitance est montrée du doigt comme élément essentiel du risque nucléaire.
C’est bien mais il ne faudrait pas oublier un autre facteur de risque essentiel, qui est lié aux défauts de conception, qui ne doivent rien à la sous-traitance.
Un troisième facteur de risque essentiel est la marchandisation du secteur nucléaire, qui pousse à la recherche de rentabilité au mépris de la sécurité.
Enfin, un autre facteur de risque, lié au précédent, peut être imputé au consommateur qui considère comme acquise la mise à disposition d’une énergie à prix cassé.
Le problème ne se résume donc pas à la sous traitance.
Oui, sûrement que la sous-traitance n'est pas seule en cause, et si elle l'est il faut dire comment. Car en soi répartir le travail peut être positif.
Mais ce que montre ce documentaire (cf. la vidéo que j'ai parcourue)ce sont les conditions de travail des employés des entreprises sous-traitantes. Le crédo étant justement la "rentabilité", la "productivité", on leur demande travailler "à toute allure", au mépris d'actions sérieuses, sécurisées.
Et le phénomène paraît de grande ampleur ... ce qui nous met tous en danger.
C'est inouï que des "responsables" de haut niveau acceptent de cautionner cela. Certes, ils "tiennent à leur poste" ... mais quelle courte vue dangereuse pour eux et leur entourage ... et nous par la même occasion.
Finalement, on "riait" des défauts de TEPCO au Japon mais il semble que la France "hyperperformante" ne le soit pas pas vraiment.
Un monde "de fous", non ?
ED
La sous-traitance est née de la complexité de notre système de production.
Autrefois toutes les compétences pouvaient être réunies au sein d’une même entreprise, voire même entre les mains d’un seul homme. Par exemple le menuisier maîtrisait l’ensemble de la chaîne de fabrication, depuis le choix des arbres jusqu’à la touche de vernis finale, le luthier et le forgeron faisaient de même. Point besoin de sous-traitance.
De nos jours un grand projet industriel ne peut exister sans les auteurs qui en font l’étude, et en dressent les plans détaillés avec tout les cahiers des charges, et sans le bureau d’ingéneering chargé de mettre en musique le travail des équipes de spécialistes.
Lorsque les installations sont remises au client, d’autres équipes doivent intervenir pour l’exploitation et la maintenance.
L’exploitation est confiée à des équipes permanentes, la maintenance est plutôt réservée à des équipes hautement spécialisées dans un domaine particulier. Ces équipes de spécialistes interviennent ponctuellement pour la maintenance programmée ou pour des réparations aléatoires. Ce ne sont pas des permanents, ils s’en vont lorsque leur travail est terminé. Ils sont appelés sur différentes installations et ont une activité itinérante.
Il y a donc une répartition des tâches entre le personnel permanent et les équipes de spécialistes itinérants. Une première difficulté est l’établissement de la frontière entre les deux: qui fait quoi ? Où s’arrête la compétence des permanents et où commence celle des spécialistes ?
Une deuxième difficulté est le statut des spécialistes: doivent-ils tous appartenir à l’entreprise ? Ou bien certains travaux peuvent-ils être confiés à des sous-traitants, et lesquels ?
Concernant le nucléaire on aurait tendance à choisir la première solution. L’ensemble du parc nucléaire étant géré par le même exploitant, il paraît logique que cet exploitant possède ses propres équipes de spécialistes, qui ne manqueront pas de travail eu égard au nombre de réacteurs à entretenir.
Lorsqu’une compétence très pointue est requise, qui dépasse les compétences locales, on fait alors intervenir les spécialistes de l’entreprise qui a fourni le matériel en question.
On ne voit donc pas très bien pourquoi la sous-traitance est si envahissante dans le nucléaire. Et on comprend encore moins pourquoi il existe des niveaux de sous-traitance en cascade.
J’ai bien une petite idée mais elle n’est pas politiquement correcte:
Les personnels permanents ont le statut de l’entreprise exploitante qui est EDF, avec les conventions collectives et les grilles de salaires qui vont avec, et que tout le monde connait et envie.
Les sous-traitants sont taillables et corvéables à merci, leurs salaires et leurs conditions de travail sont très éloignés de ceux d’EDF, leur coût d’intervention est donc très inférieur à celui qu’auraient des équipes de spécialistes maison. De plus, en cas de problème, accident ou contamination, la responsabilité est aisément attribuée au sous-traitant.
Je crois qu’il ne faut pas chercher plus loin.
Si cela se confirme, c’est un scandale de plus.
C’est le résultat de la marchandisation et de la recherche du « prix cassé » à laquelle nous participons tous plus ou moins, et pas seulement les actionnaires…
C’est peut-être en partie grâce à la sous-traitance dans les centrales nucléaires que nous obtenons de l’électricité à 11 centimes le KWh.
Et personne ne s’en plaint…
Merci encore pour votre présentation très claire en commentaire n° 2.
Et en 1er lieu la distinction des différentes catégories d'intervenants.
Votre "petite idée pas politiquement correcte" est sûrement largement partagée dès l'instant où l'on a regardé le docu en direct (ou la vidéo sur France 5) de "La Bombe humaine".
J'ai été frappée par les reportages auprès des personnels des entreprises sous-traitantes : à la fois ce qu'ils disent et leur allure ... de souffrance je crois (pour diverses raisons : le job et leur situation sociale en général semble t-il pour plusieurs d'entre eux).
Si le choix des interviewés est représentatif, cela nous interpelle : quel lien "vertigineux" ENTRE la responsabilité d'une industrie si sophistiquée ET les personnels en bout de chaine aux formations et aux conditions de travail si déplorables qu'on leur donne.
Le mot "scandale" est approprié. On pourrait même aller, sans langue de bois, vers l'expression : cette organisation industrielle est quasi "criminelle" !
En conclusion provisoire : l'argent roi ne nous mène t-il pas "droit dans le mur" ?
Ne serait t-il pas temps d'en prendre vraiment conscience ... tous autant que nous sommes ... et donc d'agir pour un "redressement" ?
Mais ... comment ?
Un bulletin de vote ? Lequel ?
Autre question : tant que dure l'industrie nucléaire (le plus brièvement possible selon mon modeste point de vue) ... faut-il qu'elle relève de l'Etat ? Pas sûr que cela soit réalisable et efficace ... On revient alors au problème des coûts, à la formation, aux conventions collectives ...
A suivre.
Cordialement
ED
http://energeia.voila.net/nucle/nucleaire.htm
Et dire que plusieurs mois avant la Cour des comptes, ce petit site peu connu annonçait un coût de 81 euros le MWh pour l'électricité qui sortirait du réacteur EPR en 2017, s'il est mis en service commercial à cette date !
Merci beaucoup de souligner l'existence de ce site.
J'avoue que je ne l'avais pas noté dans mes références.
J'y suis allée rapidement. Un petit sondage m'a montré des choses intéressantes.
Un regret : on ne sait pas qui écrit l'article ...
Il n'y a pas de "présentation" si ce n'est qu'on est renvoyé à "voilà" comme moteur de recherche de France Télécom ...
A approfondir.
Merci encore.
Cordialement.
ED